Le Sang des lions (épuisé)

DÉBUT DU XXIIE SIÈCLE. Tandis que l’Europe, ravagée par le bouleversement climatique, s’enfonce dans le chaos, l’Afrikwana (fédération d’anciens pays de l’Afrique australe et de l’Est) connaît une ère de prospérité grâce à la maîtrise de l’énergie solaire et de la bio-ingéniérie. Fierté de l’Afrikwana : les « Magic Eden ». Ce sont de somptueux parcs naturels, protégés par des dômes, où s’ébattent des animaux transgéniques. Les grands fauves sont doux comme des agneaux, et se laissent caresser par des hordes de riches touristes émerveillés.
Jef, un jeune réfugié européen, travaille dans un de ces parcs, au pied du Kilimandjaro. Malgré les tâches épuisantes et les brimades d’un gardien chef sadique, Jef réalise son rêve d’enfant : découvrir l’Afrique. Mais le rêve tourne au cauchemar, car certains animaux génétiquement modifiés sont revenus à leur état ancestral et agressent des ouvriers et des touristes.
Une terreur rampante s’insinue dans le Magic Eden. Jef est enrôlé dans l’équipe du Traqueur pour chasser ces animaux devenus fous. Avec l’aide de Massaïs insoumis, il comprend que la vie sauvage est en train de reprendre ses droits.
L’Afrique, la véritable et mystérieuse Afrique, se réveille et a déclaré la guerre à l’homme.
Quel camp Jef va-t-il choisir ?
Un roman d’aventures envoûtant, initiatique, qui nous entraîne dans une Afrique future où les technologies de pointe côtoient le mystère profond d’une Nature rebelle à toute domestication. Une réflexion brûlante!
  • Roman paru en 2008 aux éditions Intervista (dirigées par Luc Besson), dans la nouvelle collection "15-20", destinée avant tout aux 15-20 ans... mais aussi à tous les autres lecteurs.
  • Ce roman est actuellement épuisé.
  • "Le Sang des lions" a été remanié par l'auteur qui a créé une "version augmentée" durant le premier confinement de l'année 2020. La version augmentée, comprenant des scènes inédites, a été proposée en ligne, en feuilleton, puis en accès libre de mars à juin 2020.
A lire ici une interview de l'auteur au sujet du roman.

***

Ces questions à propos du Sang des Lions m'ont été posées par courrier, en 2009, par des élèves du collège Jacques-Prévert de Meythet (Haute-Savoie).
 

Comment avez-vous imaginé une telle histoire ?

 

Je suis allé en Afrique du Sud, et j’avais beaucoup d’images en tête. D’une manière générale, mes nombreux voyages m’ont permis de regarder notre mode de vie occidental avec un certain recul, de constater que nous ne sommes qu’une petite partie de l’humanité, et que cela devrait nous pousser à un peu plus d’humilité. Je voulais parler de cela, et j’ai eu l’idée d’inverser le nord et le sud : les réfugiés sont ici les occidentaux, et la richesse est en Afrique de l’Est. Ce n’est pas un hasard : l’Afrique du Sud est un pays avec des contrastes, mais en plein développement (vous le constaterez aussi lors de la coupe du Monde de football 2010), et qui sait ce qu’elle sera dans 100 ans ? Ce pays lance par exemple des satellites consacrés à l’environnement, mais en Europe nous ne le savons pas vraiment. Je voulais dire dans ce livre que ceux qui ne partagent pas, qui s’enferment dans des frontières étanches, finissent par avoir des ennuis, et que le partage (des richesses, des cultures, des connaissances) est en général positif pour tout le monde. Par exemple, les connaissances en écologie des Massaïs pourraient nous être très utiles. C’était l’une des clés du roman.

Ensuite, alors que je visitais un zoo, mes filles (qui ont moins de 10 ans) m’ont fait remarquer que les fauves étaient vraiment beaux, que c’était dommage qu’on ne puisse pas s’approcher. C’est aussi ce que j’avais ressenti en Afrique du Sud, en visitant le parc Kruger. On est fasciné par les animaux sauvages, par les mystères qu’ils représentent, mais on ne peut les côtoyer de près, puisque justement ils sont sauvages ! J’ai donc pensé aux anitrans, car nous rêvons tous de caresser un lion. J’ai mélangé ces deux ingrédients (les anitrans et l’inversion nord-sud), et le tout a donné « Le Sang des lions ».

 

Combien de temps y avez-vous passé ?

 

Mon éditeur ayant raccourci les délais, j’ai dû aller vite : 6 mois pour l’écrire, 6 mois pour le corriger, seul puis avec le directeur de collection. Comme je suis aussi journaliste, je ne peux écrire tous les jours. Cependant, j’écris toujours mes livres assez rapidement. Pourquoi ? Pour ne pas perdre le fil de l’histoire. Mais attention : cela signifie que je réfléchis à ces livres longtemps auparavant. Pour « Le sang des lions » par exemple, j’ai commencé à y penser puis à noter des idées sur des brouillons deux ans avant de commencer à l’écrire, et depuis longtemps je savais que j’écrirais un livre sur l’Afrique, la savane. Je passe beaucoup de temps à réfléchir à une histoire avant de me lancer vraiment. Je consulte aussi beaucoup de documentation (livres, magazines, internet, films), pour trouver des informations, et pour m’imprégner de certaines choses (la culture massaï par exemple). Il y a des histoires auxquelles je réfléchis actuellement, mais qui ne sortiront sans doute que dans 2,3 ou 4 ans… ou jamais, si je ne trouve pas d’idées qui stimulent suffisamment mon imaginaire.

 

Quelqu’un vous a-t-il aidé ?

 

Non, pas pour la rédaction. Oui pour la préparation : ma sœur, biologiste aux États-Unis. Elle m’a donné des idées et conseillé à propos des anitrans (et sur le fait qu’ils puissent redevenir « normaux »), car je n’étais pas un spécialiste du génie génétique, et je voulais que le volet scientifique du récit soit crédible.

Après avoir achevé et corrigé (plusieurs fois) ma première version, je travaille par ailleurs avec un directeur de collection (« 15-20 » ici). Il me transmet des idées, des remarques,  des critiques, et je peux ensuite en tenir compte ou pas. C’est un peu comme une partie de ping-pong : il m’envoie un mail, je réponds, il répond, etc, dans le but d’améliorer le roman.

 

Le monde sera-t-il ainsi dans le futur ? Pourquoi avoir choisi le futur ?

 

Je ne suis pas un devin : je ne cherche pas à prévoir l’avenir mais à en donner des clés, des pistes. « Le Sang des lions » est une fable. Je ne sais pas vraiment si le futur sera ainsi, et je ne l’espère pas (pour nous). La science-fiction permet d’alerter les lecteurs en mettant le doigt sur des problèmes, en disant : « si on continue ainsi, voici ce qui peut arriver ». Ce sont des hypothèses crédibles mais pas certaines. En ce cens, « Le sang des lions » est, je crois, un livre assez dur. Le monde ne sera pas comme il l’est actuellement, c’est certain, et je crois même qu’il sera difficile. Je ne veux pas mentir aux jeunes lecteurs en leur racontant un conte de fée, mais au contraire écrire des récits imaginaires profondément ancrés dans la réalité. C’est à nous d’agir pour faire de notre monde ce que nous voulons. Je crois que j’appelle les lecteurs, à travers mes livres, à construire des choses, à ne pas rester inactifs, à avoir des rêves et à chercher à les réaliser… comme Jef.

 

Les personnages sont-ils inventés ?

 

Oui, mais je m’inspire parfois de plusieurs personnes réelles, que je « mélange », pour en faire un seul personnage. Je m’inspire aussi de photos, parfois. C’était le cas pour Soïla. Enfin, l’auteur met aussi un peu de soi dans certains personnages. Dans tous les cas, j’essaie que chaque personnage, pour être crédible, dispose de qualités ET de défauts, qu’il s’agisse d’un héros ou d’un « méchant ».

Petite exception : l’explorateur, au début, est très inspiré par David Livingstone, qui a réellement existé, et qui avait disparu en Afrique au XIXe siècle.

 

Jef aime-t-il Astrid ?

 

Dans les histoires pour enfants, il faut être clair, et tout expliquer. Mais d’une manière générale, j’essaie de ne pas tout dire dans un roman pour adolescents et / ou adultes : au lecteur de deviner, car il dispose d’une certaine maturité. À lui de compléter une petite partie de l’histoire, de se l’approprier.

Jef est fasciné au début par Astrid, parce qu’elle représente la richesse, le confort, le plaisir, ce qu’il n’a pas eu jusqu’à présent. Astrid cherche à le séduire, car elle aussi est fascinée par son côté sauvage. Mais Jef ne l’aime pas vraiment, il est plus attiré ensuite par Soïla, qui représente la liberté, le futur, la beauté simple, sans artifices. Jef aime la sincérité, pas les faux-semblants.

Jef se sent plus proche de Soïla la rebelle, d’autant qu’Astrid le pousse à renier ses amis, et tente une forme de chantage : elle contre la richesse dont il a rêvé. Jef va même jusqu’à la mépriser pour cela, et devient presque cruel quand il la rejette. C’est volontaire : je ne veux pas que les héros soient parfaits, car personne ne l’est. Cependant, les héros en général dans mes histoires essaient de progresser, de devenir meilleurs : Jef abandonne ses rêves de richesses pour d’autres priorités. Ceux qui n’évoluent pas, dans ce récit (comme Astrid, son père ou Lémiso), finissent plutôt mal.

 

Combien de livres avez-vous rédigé ?

 

Il y a une grosse différence entre écrire un livre et le publier. J’ai pour l’instant publié cinq livres (dont une trilogie de science-fiction) mais j’en ai écrit une douzaine : deux étaient des tests lorsque j’étais plus jeune (ils ne seront jamais édités car je ne les trouve pas assez bons avec du recul), et plusieurs n’ont pas encore été publiés : ils sont stockés dans mon ordinateur. Un certain nombre le seront en 2010 et 2011. Je peux citer « Le bout du monde », un roman pour adolescents que je corrige actuellement, à paraître en septembre 2010, chez Syros. Je prépare aussi une série de courts romans pour enfants de 9-11 ans, « Le club des chevaux magiques », qui débutera en mai (éditions Gründ).

 

Comment vous est venue l’idée de devenir écrivain ? À quel âge ?

 

À l’école primaire, j’écrivais déjà des poésies, de petites histoires, puis un premier (court) roman de science-fiction en 6e. Étudiant, j’ai écrit des chansons pour deux chanteurs régionaux, en Bretagne, et j’écrivais des nouvelles. Après mes études, je suis devenu journaliste (ce que je suis toujours à temps partiel). Écrire des articles ne me suffisait pas, car il n’est pas conseillé d’imaginer dans ce métier ! J’inventais donc des histoires sur mon ordinateur, le soir. En 2006, j’ai trouvé un éditeur. Mais auparavant, j’ai essuyé pas mal de refus. Il faut être têtu lorsque l’on croit à quelque chose !

 

Où écrivez-vous vos livres ?

 

J’ai un bureau à la maison, que je partage avec ma femme (professeur d’histoire), mais je travaille un peu partout en réalité. Je me suis habitué à écrire à droite, à gauche, à profiter du moindre temps libre. Il faut juste que je puisse être concentré, donc seul en général. Si des choses me gênent autour de moi, je mets un casque avec de la musique pour m’isoler (pas de musique française, essentiellement du rock, car les mots français me gênent en écrivant). L’important c’est d’être concentré pour basculer dans le monde où se déroule l’histoire. Pour corriger un récit par contre, la musique me gêne. Je préfère l’écriture aux corrections ! J’écris plutôt le matin, parfois très tôt.

 

Pourquoi écrire ? 
 

D’abord, j’essaie d’écrire une histoire qui me plaise, qui me fasse vibrer, de manière à faire vibrer aussi le lecteur. De quelle manière ? J’ai beaucoup voyagé et j’aime emmener avec moi les lecteurs dans des voyages, de page en page. Des voyages dont ils connaissent en apparence la destination, mais pas forcément le but ultime (et d’ailleurs, je ne sais jamais tout à fait la fin moi-même au départ). Je suis donc plus un conteur qu’un écrivain. J’essaie de faire en sorte que ce voyage fasse réfléchir, qu’il soit ancré dans le monde d’aujourd’hui, même s’il s’agit d’imaginaire.

En réalité, « Le sang des lions » parle sans doute plus de notre présent que de notre futur. Comme je m’adresse à de jeunes lecteurs, je trouve cela essentiel. Je souhaite que mes histoires leur trottent dans la tête, que cela leur donne envie de s’informer, de se forger des opinions, puis d’agir. Le monde tel qu’il est ne me plaît pas beaucoup, et je me dis que certaines histoires peuvent peut-être aider à changer un peu les choses. Pourtant, dans ces récits, je ne veux pas donner d’instructions, de solutions. Je crois que mes histoires sont comme des portes ouvertes sur des pistes (africaines ou non) : à chacun ensuite de trouver sa voie, et de s’élancer. Comme Jef…


         Lequel de vos romans préférez-vous ?

        En général celui que je suis en train d’écrire ! Tout simplement parce que je vibre actuellement avec cette histoire. C’est donc « Le bout du monde », même si « Le sang des lions » me tient aussi beaucoup à cœur.

Le Sang des lions (épuisé)

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