Insoumission
Publié le 9 Janvier 2015
J'écris ces mots alors que deux prises d'otage sont en cours. J'ai fermé les yeux pour penser, pour ne plus être prisonnier du présent, comme on tente de m'y forcer. Je ne sais pas dessiner. Après avoir été journaliste pendant 15 ans, j'écris pour la jeunesse. Ce n'est pas de la grande littérature, mais j'écris pour l'avenir.
Nous avons gagné.
Nous sommes l'insoumission, la liberté, la fraternité.
Pour toujours, nous avons gagné.
Bien sûr, ils nous meurtrissent, les derniers soubresauts des derniers fous de guerre.
Si seuls, si pitoyables, si moutons.
Mais nous avons gagné.
Le monde ne veut plus de dictateurs, de bombes absurdes, de petits chefs de guerre intégristes. Il n'y aura pas de retour en arrière, jamais. Dans nos veines, nos artères, nos neurones, coulent les sacrifices, les mots, les actes, les pensées, les dessins des résistants, des professeurs, des artistes, des penseurs, de quelques leaders. Voltaire, Rousseau, Washington, Victor Hugo, Jean Moulin, Churchill, De Gaulle, Gandhi, Luther King, Sadate, Mandela, Malala, tant d'autres moins connus...
Ont-ils modifié notre patrimoine génétique ? Peut-être. Sûrement. Pour toujours.
Nous transmettrons nos valeurs à nos enfants et ils les transmettront. Jamais elles ne s'effaceront.
Eux, ils essaieront encore, comme des rats acculés. Ne voyant en nous qu'un troupeau de moutons tremblants, clonés, copiés collés.
C'est leur erreur fondamentale. Nous sommes bien autre chose. Différents, colorés, pluriels, indépendants, multiples, croyants ou pas. Avides de vie, de rires, d'idéaux, d'amour sous le soleil. Distincts, variés, remuants, discrets, mais habités des mêmes idéaux.
Nous aimons la vie, nous aimons l'espoir, ses risques, ses plaisirs, ses vibrations. Frères et différents, uniques mais unis – ils ne comprendront jamais cela. Infiniment plus forts qu'ils ne l'imaginent, infiniment plus nombreux. Libres pour toujours.
Ils ont échoué.
Ils frapperont dur, ils feront lâchement couler le sang. Fragiles pantins, seulement capables de mitrailler ou brûler des gens désarmés pour marquer les esprits, quand leurs ancêtres assoiffés de guerres et de sang mobilisaient des hordes, des légions.
C'est terminé. Quand dix fous décident de mourir pour la guerre, mille humains, partout, tombent pour la paix. Pour leurs rêves, leur liberté. Pour ceux des autres.
Mille ou des milliards.
La démocratie grignote le monde. L'humain aspire à l'harmonie.
Nous pleurerons puis nous continuerons. Invincibles.
Insoumis.
/image%2F1237718%2F20200326%2Fob_60d122_blason-loups.jpg)